Maison chaos est un spectacle tissé de poésie engagée, de slam, de chant lyrique, de musique électronique et d’ambiances sonores qui cartographie les traces que les violences misogynes laissent sur le corps, la terre et la mémoire.
Les mots âpres, la poésie brûlante de Joëlle Sambi viennent percuter ces traces, les dénuder, les exposer. Raconter la peau assiégée, la route cabossée, la colère qui gronde, la parole qu’on étouffe, la victime, bonne ou mauvaise ou celle qu’on ne veut pas être. Questionner les eaux troubles et l’engrenage sans fin du patriarcat : d’abord les « ils », puis seulement les « elles », l’accaparement des peaux, l’enclave des esprits, la violence cyclique, l’immensité du silence, de l’indifférence, le chaos
Où est la sortie de ces pièges et impasses, la sortie du foutoir ? Où est le lieu d’apaisement ? « Il n’y a que nos corps-territoires, lieu de luttes, espace de combat depuis lequel nous survivons », clame Joëlle avec sa plume affilée qui décape et élargit notre vision. « Dire pour détruire et refaire. Dire pour repartir et agir ». Qu’elles soient intimes, géographiques ou mentales, les routes de la survie sont singulières, emplies de fêlures et parfois salvatrices.
« Il y a des percées lucioles dans ma mémoire. Elles ne m’éclairent pas, elles m’aveuglent. Elles sont la flamme qui me maintient en vie. Je n’oublie pas. Aucun détail même flou. Le corps d’une femme est un territoire. »
Autrice, poétesse, slameuse, afroféministe, activiste LGBTQIA+, exilée permanente, Joëlle Sambi est l’une des figures les plus engagées de la scène actuelle. Son premier recueil de poésie, Caillasses, est sorti en 2021. Joëlle Sambi nous offre des récitals poétiques et électriques qui font grincer les dents parfois, font vibrer les corps aussi et réchauffent les cœurs assurément.